Films d’animation : quels besoins en compétences ?
Une étude révèle les atouts et les opportunités du secteur en France.

Les Rencontres Animation Formation d’Angoulême (RAF) 2017 ont de nouveau montré que la production de films d’animation connait une forte croissance économique. La réforme du compte de soutien à l’animation du CNC en 2015 et les nouvelles dispositions fiscales en 2016 ont eu pour conséquences l’accroissement et la relocalisation de productions en France et de ce fait une augmentation de 16% de la masse salariale en 2015, qui s’est répété en 2016. Le secteur concerne aujourd’hui 125 entreprises, en majorité des PME, 5 320 salariés en CDDU cumulant 4,2 millions d’heures, près de 800 en CDI et 260 en CDD de droit commun.

Cette croissance rapide génère d’importants besoins en recrutement à court et moyen terme, partagé par l’ensemble des studios d’animation. La CPNEF de l’audiovisuel et l’Afdas ont souhaité identifier ces besoins en compétences et en formation afin d’organiser les réponses tant en termes de formation que d’accompagnement à l’emploi.

Une récente étude de l’Observatoire des métiers de l’audiovisuel portée par la Commission Paritaire Nationale Emploi et Formation (CPNEF) de l’audiovisuel et par l’Afdas s’est intéressée au secteur en pleine expansion de la production de films d’animation.

Cette étude identifie les métiers en tension et l’offre de formation en s’appuyant sur une analyse documentaire, des sondages en ligne et des entretiens avec des professionnels de l’animation, des dirigeants de studios et d’écoles. Les studios d’Angoulême ont participé à cette étude.

Peu connus du grand public, les métiers du film d’animation sont nombreux : à la fois techniques et artistiques, ils requièrent pour certains une forte spécialisation et pour d’autres une importante polycompétence afin de s’intégrer dans une chaîne de fabrication complexe.

Champion des industries culturelles et créatives, ce secteur connait depuis quelques années une croissance rapide qui génère d’importants besoins en recrutement.

L’emploi dans le film d’animation : des métiers en tension.

Plusieurs facteurs de tension dans l’emploi sont liés aux particularités du secteur :

-> augmentation des impératifs de productivité et des contraintes budgétaires ;
-> attractivité inégale des métiers et des territoires et manque de professionnels seniors et de managers intermédiaires ;
-> évolutions technologiques exigeant une technicité croissante sur des compétences en logiciels ;
-> décalage entre les aspirations artistiques de diplômés et les besoins opérationnels du secteur.

Selon les studios interrogés, près de la moitié (48 %) des postes ont du mal à être pourvus. Ce chiffre atteint près de 70% pour les animateurs 2D / 3D, acteurs incontournables et nombreux à certaines étapes de fabrication pour un volume croissant de films à produire.

Les métiers de storyboarders, riggers, layoutmen, développeurs pipeline et responsables des effets spéciaux (VFX), qui concernent un nombre de salariés plus restreint mais stratégiques dans la chaine de fabrication de films apparaissent également en forte tension.

Une qualité reconnue dans la formation initiale et une forte appétence pour la formation continue.

La formation initiale en France, saluée par les autres pays producteurs d’animation, propose des cursus généralistes de grande qualité. Parallèlement, sur certains métiers techniques, les studios recherchent des profils très spécialisés.

Pour ce qui relève de la formation continue, studios et salariés ont révélé une réelle appétence pour des modalités de formation innovantes.


Quatre enjeux RH définis comme prioritaires.

Cette étude a permis d’opérer un diagnostic-action, autour de quatre enjeux RH identifiés :

-> anticiper les évolutions du secteur et développer l’accès à la formation continue ;
-> renforcer le caractère professionnalisant des formations initiales et faciliter l’insertion professionnelle ;
-> développer le vivier de professionnels du film d’animation ;
-> favoriser les mobilités professionnelles.

Face à ces enjeux, l’Afdas, la CPNEF de l’audiovisuel, Pôle emploi, le CNC, le réseau des écoles de cinéma d’animation et les associations professionnelles se mobilisent pour définir et mettre en oeuvre un certain nombre d’actions.

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