Avec plus de 230 participants, en hausse de 10%, l’édition 2015 des Rencontres Animation Formation a permis d’apporter des éclairages sur des sujets de préoccupation du secteur, comme l’évolution de l’emploi, la place des femmes dans l’animation française, la réforme de la formation professionnelle ou encore la mise en place de nouvelles approches pédagogiques.

La septième édition des Rencontres Animation Formation (RAF) conçue par René Broca et organisée par le Pôle Image Magelis d’Angoulême, en partenariat avec le CNC, le SPFA, la CPNEF Audiovisuel, l’AFDAS, AU-­‐ DIENS et la FICAM, s’est déroulée les 19 et 20 novembre à la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image.

Marquée par une fréquentation en hausse, avec plus de 230 participants, l’édition 2015 des RAF a offert aux participants un lieu d’échanges et une chambre d’écho sur des su-­‐ jets de fond comme la réforme de la formation professionnelle, le développement de nouvelles pédagogies ou encore l’évolution du statut de l’intermittence.

 

Long métrage : la faiblesse du financement encadré

Les chiffres présentés par le CNC et le SPFA sur le marché de l’animation ont souligné une baisse de plus de 20% du volume d’heures produites en 2014, à 260 heures. « Il faut admettre que nous avons atteint une sorte de plafond de verre en termes de volume produit », souligne Stéphane Le Bars, Délégué général du SPFA, « mais il faut crever ce plafond pour retrouver une dynamique de croissance ».

Pour celui-ci, le long métrage d’animation français pâtit d’une « faiblesse du financement national et encadré avec des apports étrangers uniquement sous forme de crédits d’impôt, synonymes de délocalisation ».

Le SPFA a annoncé la création d’un comité Long métrage au sein du Syndicat, présidé par Jacques Bled et Didier Brunner, dont l’objectif est de sortir le long métrage d’animation de l’ornière de la bipolarisation, entre films à très gros budgets et très pe-­‐ tites productions. La disparition des films au budget compris entre 7 et 12 M€ risque d’avoir des impacts majeurs sur l’ensemble de la filière.

« Ces chiffres ont une importance pour les formateurs afin qu’ils aient une connaissance du marché de l’emploi pour leurs étudiants », a conclu René Broca.

Nouvelles pédagogies : une plate-­‐forme collaborative en réflexion

Véritable lieu d’échanges, les RAF ont une nouvelle fois permis aux responsables péda-­‐ gogiques des écoles de cinéma d’animation de présenter leurs approches quant aux nouveaux enjeux de formation dans un secteur qui évolue rapidement.

Ainsi, des écoles comme MOPA ou ArtFX ont développé des supports numériques capables d’accompagner l’étudiant tout au long de son cursus via une plateforme dans le Cloud. A l’ENJMIN, un incubateur All4One permet d’apporter un soutien à la fois technique et administratif sur des projets d’étudiants en fin de cursus souhaitant créer leur propre structure.

Gobelins a, pour sa part, ouvert en novembre un MOOC qui compte déjà plus de 10 000 inscrits dans le monde sur la thématique de la prise de vues avec smartphones.

Gilbert Kiner, président du RECA, le réseau des écoles de cinéma d’animation, a proposé la création d’un centre collaboratif mutualisant les ressources des écoles membres pour apporter une expertise technique, pédagogique sur un ou deux projets par an. Le rapprochement avec des écoles de commerce ou de marketing fait également partie des voies de réflexion.

L’école Barcelonaise Pepe School Land a apporté un éclairage complémentaire : sa pédagogie s’appuie sur les anciens diplômés qui viennent au sein de l’établissement travailler sur leurs propres projets, en contact avec les étudiants.

Plusieurs études ont enfin été présentées durant cette édition. L’une est consacrée à la place des femmes dans l’animation française, publiée sur le site de la CPNEF Audiovisuel. Une autre, initiée par le RECA et la CPNEF, a mis en lumière les parcours de formation au sein des écoles de cinéma d’animation, membres du RECA et hors RECA. Sur les écoles membres, les conclusions pointent un fort taux de professionnalisation en sortie, une émigration des diplômés 3D et un allongement de la durée des études. Le besoin des studios de recruter des personnes opérationnelles de suite peut expliquer cet allongement.

Les Rencontres Animation Formation ont par ailleurs abordé des sujets majeurs comme la question de l’avenir de l’intermittence et l’apport du Crédit d’Impôt International pour des séries TV. Elles ont enfin mis en valeur le travail d’animateur de Kyle Balda, co-réalisateur du film « Minions », et du studio Je Suis Bien Content pour la production du long métrage « Avril et le monde truqué ».

Au fil des éditions, les Rencontres s’imposent comme l’un des lieux majeurs de prise en compte des principaux enjeux du secteur de l’animation.

Les Actes de l’édition 2015 seront disponibles en début d’année sur le site des RAF

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